Les présidentiables dans le Wisconsin
15
02
2008
(AFP-MC) - Les principaux présidentiables américains labouraient vendredi le Wisconsin, où sont organisées mardi des primaires républicaine et démocrates, à l'exception de la démocrate Hillary Clinton qui se concentrait sur l'échéance plus lointaine du 4 mars dans l'Ohio et au Texas.
Le Wisconsin devrait encore rapprocher M. McCain du seuil des 1191 délégués du parti, nécessaire pour s'assurer l'investiture à la convention de Minneapolis en septembre, dont seul le maintien en course de l'ex-pasteur baptiste Mike Huckabee semble le séparer.
Il frôle ce seuil grâce au soutien de son ancien adversaire Mitt Romney, qui a promis jeudi d'essayer de lui livrer son électorat conservateur, et devrait bénéficier dès lundi d'un nouveau coup de pouce avec le soutien attendu de l'ancien président George Bush, le père de l'actuel président.
Le Wisconsin est riche de 40 délégués républicains, et le sondage le plus récent, réalisé par l'institut Strategic Vision le week-end dernier, accorde 18 points d'avance à M. McCain sur Mike Huckabee, ex-gouverneur de l'Arkansas.
M. Huckabee a néanmoins assuré qu'il «devait à ses électeurs» de rester dans la course, bien qu'il accuse selon le site Internet indépendant RealClearPolitics un retard écrasant: 240 délégués pour lui, contre 825 pour M. McCain, sans compter les 291 délégués de M. Romney qui pourraient se reporter sur le sénateur de l'Arizona.
Côté démocrate, Barack Obama est reparti en campagne vendredi fort du soutien de deux puissants syndicats, l'UFCW (1,3 million d'adhérents dans la filière agroalimentaire) et le SEIU (1,9 million de membres dans les services), qui pourraient notamment l'aider à conquérir le vote des Hispaniques, qu'il peine à convaincre.
Il espère remporter mardi une majorité des 74 délégués en jeu dans le Wisconsin, où les sondages le créditent d'une mince avance de quatre points devant Hillary Clinton.
Les deux candidats s'y disputent le vote ouvrier, promettant notamment de supprimer les baisses d'impôts accordées aux plus riches par l'administration Bush, de relever le salaire minimum et de s'en prendre aux bénéfices des compagnies pétrolières.
Mais en dépit de cette similitude de message, le ton entre les deux adversaires s'envenime.
«Mon adversaire prononce des discours, je propose des solutions», a dit Mme Clinton jeudi: «Les discours ne mettent pas de quoi manger sur la table».
«Nous avons tous proposé des tas de solutions», a rétorqué M. Obama vendredi, se présentant comme le mieux armé pour les appliquer.
Accusant Mme Clinton d'avoir reçu plus de soutien financier de lobbyistes que n'importe quel autre présidentiable, M. Obama a lancé: «cela ne s'appelle pas faire partie de ceux qui recherchent des solutions, cela s'appelle faire partie du Washington-comme-d'habitude».
Mme Clinton était vendredi la seule des quatre présidentiables à faire campagne dans l'Ohio (141 délégués), un État appelé aux urnes le 4 mars seulement mais où nombre d'analystes estiment sa victoire impérative si elle veut préserver ses chances de briguer la Maison-Blanche. Un sondage publié jeudi l'y crédite d'une avance de 21 points (55% contre 34%).
Une autre bonne nouvelle pourrait être pour elle l'immense État du Texas (193 délégués), également appelé aux urnes le 4 mars, où un sondage publié vendredi par Texas Credit Union lui accorde 49% des intentions de vote, contre 41% pour M. Obama. Elle y a dépêché vendredi son mari, l'ancien président Bill Clinton.
L'investiture démocrate sera décidée avec le soutien d'au moins 2025 délégués à la convention de Denver en août. Barack Obama disposerait déjà de 1289 délégués, selon RealClearPolitics, contre 1237 pour Mme Clinton.
Publié par : Marcel Charland à 17:51:13Permalien
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